Bilan global et personnel

J’ai été très déçu lorsque j’ai réalisé que mon projet n’allait sans doute mener à rien, sinon à expliquer pourquoi la méthode ne fonctionnera pas.

Il est certain qu’il est déjà intéressant pour la recherche de montrer qu’une méthode est mauvaise, puisque ça évitera à d’autres personnes de travailler pour rien dans cette voie.

C’est également intéressant pour mon expérience personnelle de vivre une telle chose parce que ça me permet à présent d’analyser en détails les évènements qui m’ont amené à travailler dans cette voie et d’éviter ainsi de refaire les mêmes erreurs.

Commençons par analyser en détails les différentes étapes de mon stage:

départ précipité

Je devais initialement partir en stage en Israël mais celui-ci a été annulé tardivement. J’ai donc cherché un stage en dernière minute. J’ai décidé de partir à Madrid (pour la langue, la ville et le soleil). Par les contacts de l’ULB, j’ai rapidement trouvé un laboratoire qui pouvait m’accueillir. Un des professeurs a travaillé sur des sujets biomédicaux et je pensais donc pouvoir rejoindre une équipe et travailler avec eux sur un de leurs sujets.

Sans doute en raison de l’annulation tardive du stage, les autorités de l’ULB m’ont donné carte blanche immédiatement pour partir. Peut-être sans s’assurer à l’avance que l’encadrement serait suffisant et correspondrait à mes attentes au niveau des sujets disponibles.

recherche d’une équipe de recherche

J’ai ensuite été un peu livré à moi même au niveau de la recherche d’un sujet. Les responsables du laboratoire m’ont fait rencontrer deux équipes différentes, l’une travaillant sur les réseaux de neurones, l’autre sur des réseaux de capteurs. Aucune de celles-ci ne travaillaient dans le domaine biomédicale, mais mon stage consisterai à trouver une application biomédicale pour une de leurs technologies en développement. Le deuxième sujet correspondait plus à ma formation et me semblait plus propice pour une application biomédicale. J’ai donc choisi de travailler à la recherche d’une application biomédicale d’un réseau de capteurs.

Je pense que c’était un bon choix, mais que les deux sujets étaient très difficiles et allaient de toute façon m’amender à travailler seul, avec beaucoup de libertés et sans garde-fou.

recherche d’un sujet

Ma recherche de sujet devait s’orienter vers la recherche de pathologies facilement détectables par des capteurs commerciaux existants pouvant être adaptés au réseau de capteurs développé au laboratoire (les « cookies »). Je devais en priorité m’intéresser aux pathologies les plus fréquentes en Colombie, puisque mon travail s’inscrivait dans un projet de coopération avec l’Université du Cauca. Au fil de mes recherches, le diabète est rapidement apparu comme une pathologie très fréquente et nécessitant des découvertes technologiques urgentes, notamment au niveau du développement de glucomètres non invasif. Mes superviseurs comme les médecins de Colombie étaient très motivés par une telle application. Il a donc été décidé que je travaillerais là-dessus.

C’était certainement un bon choix de pathologie, mais le projet commençait alors à être ambitieux. J’aurais dû parler à des spécialistes directement de mon choix de sujet. Peut-être m’auraient-ils découragé directement compte tenu de sa difficulté. J’ai préféré en apprendre plus sur le domaine par moi même pour que mes conversations avec eux s’orientent directement vers le vif du sujet et non sur la pathologie en générale.

évolution du projet

Mes premières recherchent se sont orientées vers les différentes technologies existantes. J’ai également effectué une étude du diabète, pathologie que j’avais étudié lors de mes études. Lorsque j’ai commencé à cerner le problème et à connaître un peu mieux le sujet et son actualité, j’ai pris contact avec de nombreux médecins, ingénieurs et patients pour avoir leur avis sur la méthode que je proposais: utiliser différents signaux extérieurs facilement mesurables pour en déduire la glycémie. Je proposais pour commencer une étude clinique poussée pour déterminer s’il existait pour chaque patient une telle relation (même si elle varie de patient en patient). D’après leurs expériences, il y aurait trop de variations, même pour un même patient. De plus, le sujet est extrêmement ambitieux et de nombreuses grosses sociétés ont investi beaucoup d’argent dans des recherches qui n’ont jamais abouties. Il semble donc très dangereux de ce lancer seul dans un tel projet.

En revanche, l’étude clinique proposée pourrait être intéressante, ne fusse que pour éliminer définitivement et avec des éléments concrets l’hypothèse suggérée.

Une de mes erreurs principales, est sans doute d’avoir parlé aux spécialistes de mon idée trop tardivement. Je pense également que, de manière générale, il serait peut-être plus adéquat d’effectuer une démarche inverse dans ce genre de projet; à savoir, de demander aux médecins, quels sont les problèmes de santé actuels importants et nécessitants des développements techniques, et quels voies de développement ils proposent pour ceux-ci. On travaille alors avec certitude sur un problème actuel (ce qui est le cas du diabète) et avec l’approche apriori la plus adéquate.

Un autre élément sans doute à l’origine est peut-être un travail trop autonome et individuel. Seul à travailler sur le sujet, dans un laboratoire dans lequel je ne connais pas les compétences de chacun, et ne parlant pas la langue principale, j’ai effectué mon cheminement par moi même. Bien que derrières moi par des échanges de mails et des réunions hebdomadaires ou bi-mensuelles, mes promoteurs travaillaient eux-mêmes sur d’autres sujets. Je leur ai peut-être trop l’impression de bien avancé et d’aller dans une bonne voie, et ils n’ont ainsi pas eu l’occasion d’avoir un regard critique sur mon travail et mon approche. Et de manière générale, j’ai été très motivé pour travailler sur le sujet par tous les gens que j’ai rencontré.


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